RUN

Février 2015, le chorégraphe Heddy Maalem vient au Sénégal découvrir le projet Sunu Street. Il vient accompagné de Christopher Tew, vidéaste talentueux à l’œil sensible et téméraire, venu tout droit de Londres.

De cette rencontre nait une vidéo artistique mettant en scène Pierre Belleka, alias Dexter danseur de Krump.

“Cette réalisation est une pièce importante du puzzle, réunissant avec brio danse revendicative, musique psychédélique qui nous plonge dans cette urgence de vivre, libre, images brulantes de violence et de misère, mais aussi de force et d’envie d’avenir, le tout dans une composition audacieuse.

Ces images que nous renvoient-elles, bavardes de symboliques et de questionnements, émerveillement devant l’énergie entière et la vérité d’un corps ?

Nous rendons hommage à l’Afrique contemporaine, entre urbanisme, créativité, développement, diversité, enthousiasme, coalition des cultures et des points de vues. Une Afrique où réside les plus folles espérances.” – Nach

 

« Par leurs voix, [ce nouveau langage – ici du corps], trempé dans les réalités mutantes des grandes cités, devient un extraordinaire espace de métamorphose des imaginaires et des sensibilités. […] Parole qui nous démontre superbement l’originalité, la diversité et la puissance d’invention de cette jeune génération […] »

Snapshots – Nouvelles voix du Caine Prize, édition Zulma

 

 

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SUNU Spectacle de restitution! Le 5 septembre 2014

SUNU STREET, La grande première !

Dans la salle Sunu Street, les danseurs se concentrent.
La tension est palpable…des regards d’encouragement.
La chaleur est presque étouffante…des sourires réconfortants.
Plus que quelques minutes avant l’entrer en scène. Cette entrée sera impressionnante, cadencée au rythme des percussions, Sabar, Tunguné, Bal et Tama, qui ouvrent le cortège.

 

Sunu Street va faire revivre pour une soirée la salle de spectacle du centre. Sur ses murs s’affichent l’esprit et les couleurs Sunu Street, dans un méli-mélo de tissus wax, de créations batik réalisées par Yadi, de clichés géants de Siaka, capturant avec brio la beauté du mouvement dansé. Le tout, sous l’œil bienveillant de la grande banderole Sunu Street.

Dehors on s’affère et bien ! Le public arrive progressivement, la salle se remplit…ça ne s’arrête plus. Notre pressentiment était le bon, « la salle sera pleine ». Et elle l’est !
Khoudia à son poste compte plus de 250 spectateurs. Nous devons refuser des gens à l’entrée. C’est la folie ! Sur leurs pointes de pieds les derniers arrivés devront s’accrocher.

Naima a une mission périlleuse, la régie lumière. Pareil pour moi, en régie son, je me fais quelques cheveux blancs car comme le disait Françoise lors du filage : « Nach, tu n’auras pas ton diplôme d’ingénieur sons ». Mais tout se passera bien… ! On gère.

Quelques minutes d’attente supplémentaires avant d’accueillir Cire Cisse, notre mentor, Sunu Papa et administrateur, pour le discours de présentation et les remerciements.
Ces minutes d’avant spectacle filent à tout allure, pendant que dans la salle Sunu Street, ces même minutes sont interminables, comme les gouttes de sueur qui ruissellent sur les fronts impatients des danseurs.

Aujourd’hui vous aller assister au premier spectacle de restitution du projet Sunu Street, une grande première qui en annonce beaucoup d’autres. Un spectacle qui retrace les 5 semaines de travail acharné de trente danseurs venus de tout le Sénégal.
Pour les encadrer, nous avons eu le plaisir d’avoir à nos contés Romuald Brizolier et Joseph Go NGuessan, deux globes trotteurs de la danse Hip-Hop, deux hommes exceptionnels qui ont tout donné, avec passion et engagement sincère. Merci à Papa Sangone Vieira dit le « Ninja Afro-Pop », pour son accompagnement, pour être notre guide traditionnel : s’enraciner pour une meilleure ouverture…

En rang, la team des danseurs Sunu Street est prête. En rang, on va leur en mettre plein la tête !
Cette marche militaire « Hype » n’est pas celle de soldats allant à la guerre, mais de celle d’une génération déter qui fait des danses urbaines sont affaire !
Une dernière inspiration et à nous la scène, a nous la liberté d’expression, a nous le droit de dire qui nous sommes, sans inhibition.
Les percussions s’emballent. C’est parti pour un spectacle coloré…inoubliable !

On parlera de tout dans le spectacle restitution de Sunu Street, revendications et messages positifs. Les danseurs des deux modules spécifiques, création et enseignement, se donnent la réplique. On danse la solidarité et la niaque. On danse la solitude, l’exclusion, et la pollution.
On danse l’entre aide, l’amour et l’unité. On danse le Hip-Hop, le traditionnel. On danse qui nous sommes. Tout simplement mais avec une énergie intarissable.

Plus de deux heures de danse, et si ce n’était pas la nuit qui tombait, vous nous y auriez encore trouvé !

Remerciements tout particuliers :

Tukki Mode
Le Grand Theatre
L’Institut Francais
Yadi
Le “Directeur”
Les musiciens

Nach
SUNU STREET

 

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SUNU Street participe a l’Urban Woman Week

Le Vendredi 7 Mars l’Association Africulturban a organisé une conférence au Goethe Institut de Dakar pour mettre en lumière les projets de femmes évoluant dans le domaine des cultures urbaines.

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Quelques jours auparavant, Khoudia et Nach ont eu le plaisir d’etre invitées par l’association à donner des cours de danse House et Krump à des jeunes danseuses adolescentes de la banlieue de Pikine: agées d’entre 13 a 17 ans, ces jeunes filles pratiquent les danses urbaines par elles-meme, s’entrainent de leur mieux dans des conditions difficiles et ont deja monté leur propre groupe, inspirées par les groupes de breakdance des banlieues de Pikine et Guédiawaye. C’est un vrai plaisir de danser, parler, échanger avec elles sur leur vision de la danse, leurs difficultés mais aussi leurs espoirs.

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Cet échange pose aussi la question de l’intégration des regions et des banlieues hors Dakar au projet SUNU Street. Une initiative a répliquer!