l’Espace SUNU Street accueille Aida Colmenero Diaz

Le Vendredi 27 Juin, l’espace SUNU Street accueillait une Carte Blanche a la danseuse contemporaine Aida Colmenero Diaz.

Aida nous vient d’Espagne. Passionnée par l’Afrique, ces nombreux séjours au Sénégal sont toujours l’occasions de nouvelles rencontres. Apres une participation a notre Carte blanche HipHop Games” en tant qu’invitée Source, il nous semblait normal de proposer a Aida de nous faire decouvrir son univers intérieur et la richesse de son travail d’interpretation lors d’une session dans notre espace.

En voici le récit…

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” La Poésie est le point d’intersection entre le pouvoir divin et la liberté humaine” Octavio Paz

” Qui es-tu, au fond de toi?” ” Comment cela se transmet, se ressent-il dans ta danse?” “Chercher l’essence du mouvement en dedans, toujours en dedans”

Quelques mots qui donnent une idée de la philosophie d’Aida, qui est de trouver l’essence de notre etre dans un moyen d’expression: la Danse. La Carte blanche du 27 Juin commence dans une atmopshere calme et chaleureuse; avec notamment beaucoup de femmes ou de jeunes danseuses qui font la majorité de cette session. Un cercle se crée autour d’Aida pendant qu’elle mene l’échauffement. Suivent des exercices de groupe basés sur le ressenti des autres, notre musique intérieure et des mouvements d’ensemble. Aida est attentive a chacun, et fait en sorte de tous nous accompagner dans notre recherche personnelle.

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Pour certains danseurs, c’est une premiere découverte vers l’univers de la danse contemporaine. Bayou, jeune danseur hiphop de Rufisque se prete au jeu d’interprétation et laisse Aida le guider dans un monde nouveau. Bakary et Riyou suivent d’un oeil attentif les indications d’Aida sur l’attention a l’espace, les déplacements et l’appropriation personnelle de mouvements donnés par une personne exterieure.

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La Carte Blanche continue. Un nouveau cercle se crée.  Aida nous fait écrire, sur cette simple question: ” Pour toi, que signifie etre en vie?” Chacun de nous donne sa propre réponse. Pour certains c’est un simple mot, pour d’autres un poeme. Aida nous demande de l’exprimer tour a tour a haute voix, pour nous et pour les autres. Puis vient le moment de le danser. Chacun a la liberté de s’exprimer et de nous faire ressentir ses significations, seul devant son auditoire. Pour Naima, c’est l’espoir, pour Kaysha, c’est l’existence, pour Aida l’amour universel, pour Silvio l’harmonie avec son environnement, pour Siaka les énergies humaines…

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Une belle introduction a la philosophie d’Aida. Dépasser les categories et les styles pour se concentrer sur le mouvement. Avec elle, nous ne sommes plus seulement danseurs et danseuses hiphop, danseurs ou danseuses urbaines, mais danseurs avec un message  a porter, danseurs avec une identité, danseurs avec une Histoire.

Merci pour ce beau moment Aida.

 

Accueil du Projet She Poems a l’espace SUNU Street

L’espace SUNU Street a également eu l’occasion d’accueillir les séances du travail chorégraphique d’Aida pour le projet SHE POEMS. SHE POEMS sont des « poèmes de danse vidéo », joués par les femmes artistes africaines et chorégraphiés par Aïda . Le travail rend hommage aux femmes africaines á travers les poèmes écrits en langue espagnol ou africaine.

Le projet a commencé à Dar es Salaam, Tanzanie en 2013 et a ensuite continué à Lagos, Nigeria.  Aïda Colmenero Dïaz travaille a Dakar avec les deux danseuses Khoudia Toure et Marie Agnes Gomis, qui présentent ce travail au Goethe Institut de Dakar.

Répétitions a l’espace SUNU STreet. Photographie: Calo Yeleen Vision

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SHE POEMS/ELLA POEMA Senegal
directed by Aïda Colmenero Dïaz
dancer: Maria Agnes Gomis/Khoudia Touré
photo : Siakka S.Traoré
all rigths reserved
Avec le soutien de Casa Africa, Goethe Institut, Aula Cervantes, Ambassade d’Espagne au Senegal.
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Et la danse contemporaine rencontra le hip-hop…

C’est dans une atmosphère toujours aussi conviviale et propice à l’échange, que la salle Sunu Street du centre Blaise Senghor, et une dizaine de ses formidables danseurs ont accueilli hier soir , dans le cadre d’une carte blanche, la danseuse contemporaine Diane Fardoun

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Dans un festival de paroles enjouées, et de musiques aux rythmes tous plus entrainants les uns que les autres, cette artiste de talent a su nous entrainer avec jovialité et détermination farouche, dans un nouvel univers empreint de folle décadence mais aussi de technique. Si certaines consignes étaient données, elle a cependant laissé l’opportunité aux danseurs d’entrer dans son monde en y apportant une part d’eux-mêmes, un ressenti, une émotion personnelle, une sorte d’histoire à raconter à travers chaque mouvement émanant aussi de leur propre style de danse… une façon de ne pas se départir de leur identité artistique. Un mélange de hip-hop et de contemporain. Une formule tout simplement brillante et fort agréable au regard.

Il s’agissait tout d’abord, pour une entrée en matière, de stimuler certaines parties du corps. Diane nous demande donc à tous de nous allonger sur le dos et de fermer les yeux. Silence. Puis murmures… Sa voix nous dicte la détente, la relaxation. Les corps sont relâchés, apaisés. Après quelques secondes de cette douce quiétude, les yeux toujours clos, il nous faut à présent mouvoir les bras très lentement dans le sens que l’on veut. Prendre le temps de profondément ressentir le mouvement, puis, toujours très lentement accompagner le mouvement des bras par celui du dos et des jambes, faire des vagues, se prélasser sur le tapis de danse doucement, lascivement… cela fait du bien!

Quelques minutes d’étirements félins, de position du fœtus et de hochements de tête laconiques, et il est temps de mettre fin à la première partie de la séance… Oh non encore quelques minutes Diane! D’ailleurs, toujours allongée sur le dos, les yeux clos et l’expression de l’ultime apaisement sur le visage je suis la seule à ne pas entendre qu’il faut ouvrir les yeux et se relever.

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La carte blanche se poursuit. Toujours dans le principe de l’échauffement et avec un accompagnement musical assez envoutant, il s’agit pour notre bonne dizaine de danseurs présents, d’occuper tout l’espace du tapis et de déambuler dans un véritable désordre en se croisant les uns les autres. ” N’hésitez pas à regarder droit dans les yeux les personnes que vous croisez” nous dit Diane. Frôlements et regards inquisiteurs sont alors au rendez-vous, tandis que sans s’en rendre réellement compte, les corps sont échauffés et prêt à l’entrée en action.

Vient ensuite le moment de commencer les choses sérieuses. De basculer dans le vif du sujet! Très motivés et impatients de commencer, trois rangées sont formées: Dexter, Pi et Fatima constituent la première. Derrière eux se tiennent Thiat, Tahicia et junior, et puis enfin, Siaka, Emi et moi-même fermons la boucle. Diane quant à elle, se tient face à nous. Très inspirée et expressive dans ses gestes elle nous donne les directives à l’oral, et en même temps, avec beaucoup de souplesse et une Grace incommensurable, elle nous dresse à travers sa danse une ébauche de ce qu’elle attend de nous.

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Dans un premier temps, chaque rangée doit s’avancer tour à tour en dansant lentement et en traçant des gestes ouverts, comme s’il s’agissait en fait de partager l’énergie que l’on a en soi avec les autres. 1ère rangée, 2ème rangée, puis la 3ème rangée! Nous y passons tous sous l’œil et les paroles encourageantes de Diane qui nous attend au bout du tapis. Nous sommes tous portés par la musique et l’ambiance détendue et sérieuse qui s’est installée! Puis s’en suit une longue série de différentes consignes…transformer un geste habituel par les jeux des contraires, accentuer l’approche au sol , simuler un espace en apesanteur , personnifier des félins, danser comme on le sent et puis se stopper brusquement pour ensuite tomber comme si l’on avait perdu l’usage entier de notre corps, comme si l’on mourrait! Se relever et refaire de même et puis tomber de nouveau, ou plutôt comme le disait si bien Diane: “tu remeurs encore!” tout en feignant l’action, ce qui d’ailleurs avait le don de provoquer l’hilarité générale! Après chaque vague de danse, la fatigue se fait plus prononcée. L’on essaye de reprendre le souffle. Je m’arrête le temps de deux ou trois consignes, courbaturée et morte d’épuisement. Siaka reconnaît en souriant que ça n’est pas évident du tout pendant qu’Emi, rouge comme une tomate, me propose différentes méthodes pour me relâcher ou alors améliorer mon approche au sol. Une des multiples preuves que l’entraide est une valeur vraiment fondamentale au sein de Sunu Street!

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La seconde partie de la carte blanche se termine sur un Freestyle. Diane est consciente que chacun des danseurs présents à un style bien propre à lui, et loin d’elle l’idée de l’omettre. Au contraire, elle nous propose d’observer les consignes citées plus haut, mais de laisser libre cours à qui nous sommes vraiment. Krumpeurs, danseurs contemporains traditionnels, danseurs de hip-hop…voilà ce qui doit en ressortir! elle se positionne au bout du tapis en face de nous et quand la musique commence et que les danseurs s’élancent en s’abandonnant au bonheur de danser comme s’ils étaient en transe ,un contentement sans bornes se lie sur son visage et une ferveur énergique la pousse à s’y mettre aussi tout en prenant soin de distribuer des “parfait!” “C’est exactement ça!” par ci par là, à l’intention de chaque danseur.

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Pour clore la séance, nous entamons enfin une petite chorégraphie regroupant un peu tous les exercices effectués au préalable. Très à l’écoute, Diane s’enquiert d’abord de notre disposition physique: “Vous êtes fatigués?”, “on peut continuer?”, ” deux minutes de pause, allez boire un peu d’eau et on reprend”. Ceci fait, nous suivons Diane qui nous compose une chorégraphie rythmique et quasi virulente avec des sauts et des postures d’arts martiaux (postures que je suis personnellement très heureuse d’effectuer car c’est le seul moment où je peux daigner me reposer tout en feignant une concentration très particulière haha je me sens samouraï plus que jamais…lol). La chorégraphie se poursuit,…et enfin, le dernier pas nous ai montré! Diane s’élance et fait une longue roulade sur le flanc en allant vers la droite, puis un grand saut comme si elle s’envolait et une deuxième roulade sur le flanc en allant vers la gauche suivie d’un autre saut. Elle s’arrête et nous jette un coup d’œil quelque peu moqueur. Tout le monde s’esclaffe! Emi tout aussi amusé déclare que c’est le piège de la fin! C’était évident, Il fallait absolument finir sur une note du genre 🙂

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La carte blanche prend fin. L’artiste du jour nous demande si ça nous a plu et toutes les têtes acquiescent avec empressement! Nous la remercions chaleureusement. C’était super! Génial! Trop intéressant! Tout le monde est véritablement content de l’expérience.

Sueur, rires, souffles coupées, pause eau, étirements, concentration, partage, sérieux, réflexion…c’est un travail éprouvant mais extrêmement  original et riche en découvertes que de daigner mettre les pieds dans le monde de Diane Fardoun.

Merci beaucoup Diane, pour cette magnifique expérience! 😀